Chapitre 3 suite : Mariage et entretien d'embauche 1969
28 mai 1969
Mariage et entretien d'embauche
C'était l'anniversaire de Marc, il avait trois ans. Nous tombions par-dessus les cartons tellement il y avait de cadeaux !
Je n'avais plus les emplâtres depuis six semaines mais j'avais toujours un peu mal. J'évitai de porter des charges lourdes. Mes seins n'avaient pas souffert de l'accident. Ce fut la première chose que je vérifiais lorsque je fus libre de ce corset abominable ! Il faut dire que mon 95 D avait été aplati pendant deux mois ! Gilles avait bien tenté de me rassurer mais je voulais en être certaine.
Nous étions invités au mariage d'une de ses copines à Tivoli. Gilles vint me chercher avec sa mère ! Je ne savais trop comment me comporter car elle paraissait très snob. Elle me parla de ma santé puis du fait que Gilles était à Metz au lieu d'être à Strasbourg le jour de l'accident. Je ne répliquai pas, je n'avais pas envie de polémiquer sur le sujet. C'était mon premier jour de sortie et je tenais à en profiter.
Au mariage je ne pus résister à la musique et je dansai le rock. Je grimaçai un peu en levant les bras mais j'oubliai les douleurs en écoutant la musique.
Le lendemain, je voulus me lever, impossible. J'avais d'énormes courbatures et la poitrine me faisait à nouveau souffrir. Résultat ? Huit jours supplémentaires au lit ! Le médecin disait que j'avais fait des efforts trop tôt et que le recollement des muscles était long à guérir. Je ne pouvais me permettre de rester alitée car j'avais un rendez-vous pour une place de secrétaire trois jours plus tard. Le médecin leva les bras au ciel en disant :
-Vous irez à votre entretien d'embauche, je vais vous prescrire des anti-douleurs plus puissants.
- Vous n'étiez pas la plus rapide mais votre texte est très bon et sans faute d'orthographe et de plus vous m'avez été chaudement recommandée
Qui avait bien pu lui parler de moi ? Pas papa, il ne le connaissait pas, quoique… Il ne voulut pas me dire par qui, la personne voulait être anonyme. Ce n'était donc pas mon père, mais qui ? Peu importait, pour l'instant je devais décrocher cet emploi. Il continua
- Pourriez-vous répondre à d'autres questions ?
Il regardait mes jambes avec insistance. Difficile de ne pas les voir avec ma mini-jupe !
- Pourquoi désirez-vous travailler pour notre entreprise ?
- Je pourrais vous répondre que votre société correspond à mes aspirations quant à un futur avancement mais je vais répondre ceci : J'ai tout simplement besoin de travailler.
Il souriait, c'était bon signe.
- Pensez-vous avoir le profil de l'emploi ?
- J'ai l'intention de faire mon travail en fonction de mes capacités alors oui… Je corresponds à ce profil.
- Avez-vous toujours autant d'assurance en toutes circonstances ?
- Je n'ai aucune assurance, aucune certitude si ce n'est celle de savoir ce dont suis capable.
- D'accord madame Lauer, je pense que vous faites l'affaire. Vous recevrez un courrier de confirmation. Pouvez-vous commencer en début de semaine prochaine ?
- Tout à fait…Puis-je cependant me permettre de vous poser une question à mon tour ?
Il parut étonné, c'était inhabituel mais oui…
- M'avez-vous engagée pour mes compétences ou parce que j'étais recommandée ?
Il resta un instant perplexe puis :
- Désirez-vous une réponse franche ?
- Bien sûr…
- Je vous engage pour votre vivacité d'esprit, vos compétences et votre art de la parole…De plus vous êtes jolie… Vous venez de mettre une pierre de plus dans votre jardin par cette question. Etes-vous satisfaite ou avez-vous une autre question ?
Non, cela me suffisait. Il parla ensuite du salaire, très raisonnable, puis je pris congé. Je savais que pour avoir ce job il fallait être un peu différente des autres et je comptais sur mon allure et sur mon esprit vif. C'était tout ou rien, j'avais pris un gros risque. La chance était avec moi !
Quand j'annonçai cela à papa il me répondit :
- Enfin un emploi qui te convient !
Je n'avais pas osé lui dire que je serais certainement amenée à accompagner le directeur à des réunions en France et en Allemagne.
J'écrivis immédiatement à Gilles. Ce dernier m'envoyait de longues lettres presque tous les jours. Seule maman savait que j'étais follement amoureuse de lui. Notre relation durait depuis presque six mois ! Il fut très content pour moi.

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