Chapitre 2 suite : Premier décembre 1968
Premier décembre 1968
Je ne faisais plus partie du personnel du bowling et j'en étais ravie. Je pouvais passer toute la journée avec mon fils ! Je l'emmenai visiter l'endroit où je travaillais. Il déballa toutes ses voitures le long de la première piste de bowling ! Madame Théo fut très aimable, tout le contraire de ce qu'elle était auparavant. Son attitude avait radicalement changée. Elle trouvait Marc adorable. Thérèse était également aimable et complètement sous le charme du petit.
- L'endroit te manque déjà ?
Comme elle me tutoyait, j'en fis autant :
- Je voulais savoir comment l'on se sentait en tant que cliente…C'est beaucoup plus agréable !
- Avec un fils tu peux te permettre d'arrêter de travailler ?
- Pas vraiment mais je n'ai pas de nourrice ni de frais de loyer car je vis chez mes parents depuis mon divorce…Je me suis inscrite à l'agence pour l'emploi…J'attend un poste vacant de secrétaire… En attendant je suis payée par la caisse de chômage.
Puis voilà qu'elle me fait un cours sur la meilleure façon de gagner de l'argent dans un bar : surtout ne pas paraître trop intelligente sinon on passe pour une pimbêche…
- Je crois que tu as tort, parfois c'est utile de pouvoir aborder des sujets divers avec les clients, l'intelligence c'est de pouvoir se mettre à la portée de tous tout en restant soi-même.
Elle éclata de rire en disant que c'était beaucoup trop compliqué pour elle. Je n'en doutais pas un seul instant. Mais sa méthode n'était pas idiote, chacun faisait selon ses capacités et selon son bon vouloir.
Après avoir fait une promenade au parc de l'Esplanade, acheté une nouvelle petite voiture, Marc et moi sommes rentrés en prenant le bus. Maman s'inquiétait déjà en raison de l'heure tardive. Je la trouvais un peu trop possessive en ce qui concernait mon fils. Papa l'était aussi mais cela me gênait moins.
Par contre depuis quelques temps, je sentais que quelque chose changeait au sein de la famille. Mes deux frères et ma sœur formaient un clan dont j'étais exclue. Je n'étais pas trop chagrinée de leur attitude car je passais beaucoup de temps avec papa.
Avec le recul, je me dis que cette coalition eut peut-être lieu parce que papa et moi étions trop proches. Quand nous engagions la conversation sur la parapsychologie nous étions tellement concentrés que maman devait nous appeler plusieurs fois avant que nous nous décidions à venir à table. Ce devait être très agaçant pour elle.
J'avais pour mon père une admiration sans borne ! Il incarnait le type d'homme que j'aurais voulu avoir comme époux. Il était très intransigeant dans certains domaines, un peu obtus dans d'autres, radical quand il fallait tourner la page sur un évènement, sévère sur l'éducation mais rien ne pouvait me détacher de lui. Son autorité était sans faille et les quatre enfants, même si mécontents, obéissaient, Du moins était-ce le cas à ce moment là.
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