Chapitre 2 suite : autres missives
J'attendais des nouvelles de l'avocat et ce matin là, je trouvai sa lettre. Il n'arrêtait pas de nous demander des avances de frais. Jean-Claude étant toujours introuvable, une procédure de divorce par défaut fut entamée. Ce serait long cependant il y aurait au moins une conclusion ! Et des frais supplémentaires ! La nouvelle audience aurait lieu le 4 février 1969. J'en avais assez de ces reports de jugement !
Au milieu du courrier de mes parents, je trouvai une enveloppe bleue dont je reconnus immédiatement l'écriture. Gilles me répondait ! Il me parlait de ce qu'il faisait à la fac, de son installation à Strasbourg, de sa chambre et finissait par « Quelle joie d'avoir pu vous lire ! Surtout ne vous arrêtez pas ! J'attends avec impatience votre prochaine lettre…Tendrement…Gilles ». Je me sentais légère comme une plume (je le pouvais avec mes quarante trois kilos !) Maman s'aperçut immédiatement de mon changement d'humeur.
- Bonnes nouvelles ?
- Très bonnes… Mais juste un copain….
- Tu as une mine bien réjouie et tes yeux brillent beaucoup trop pour un simple copain…
C'était sûrement vrai. Je lisais et relisais la lettre sans m'en lasser. Comme la première fois, j'y répondis aussitôt. Quelques jours plus tard j'en reçus une troisième, puis d'autres dont la tournure et le contenu des phrases avaient changés. Il me tutoyait et me donnait rendez-vous au bowling le 7 décembre à vingt heures.
Comme ses parents ignoraient son retour car ce n'était pas prévu à cette date, il dormirait chez son copain Hervé R. Avait-il pensé à la promiscuité avec Maud ? Apparemment pas. Bonjour le folklore quand elle saurait qu'il avait rendez-vous avec moi ! Cela ne me plaisait pas des masses qu'il reste chez eux mais c'était le seul moyen de nous voir.
La jalousie pointait le bout de son nez pourtant la dernière lettre était très significative. « Tu es dans mes rêves et dans mes pensées, j'ai du mal à me concentrer sur mon travail. Je ne pense qu'au moment où je vais te voir. Ce que je ressens est nouveau pour moi. Je t'embrasse tendrement. Et à la fin un dessin qui m'avait fait rire.
J'étais vraiment impatiente de le retrouver sans arriver à définir ce que je ressentais. J'avais peur de ce que je voyais pointer à l'horizon. Je ne voulais plus m'attacher à un homme et voilà que toutes mes pensées allaient vers cet étudiant ! Je me traitai de folle, d'irréfléchie mais rien ne réussit à me détourner de lui.

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