Chapitre 1 suite : un étrange courrier 1967
Une étrange courrier
Un matin, en prenant le courrier dans
la boite aux lettres, je vis une missive adressée à papa dont l’expéditeur
était « Ordre de la Rose Croix »
Mouvement philosophique et traditionnel mondial non religieux non sectaire.
Maman ignorait ce dont il s’agissait. Certainement une documentation envoyée en
nombres. Je n’y croyais guère.
Le soir même, papa m’expliqua qu’il
s’intéressait à cette confrérie mais juste par curiosité et il classa la lettre
dans ses dossiers. Je n’y pensais plus jusqu’au jour où un homme se présenta à
la maison. Il avait un fort accent allemand et disait s’appeler Yves von…quelque
chose…. J’étais seule. Je lui dis que mon père était absent et lui demandai
s’il avait un message urgent à lui transmettre. Non, il me suffisait de le
prévenir que l’AMORC reprendrait contact avec lui.
Sur le coup je n’avais pas fait la
relation avec La Rose-Croix. Ce fut papa qui en parla en disant qu’il avait
réfléchi et n’adhérerait pas à cette
organisation. J’étais intrigué par cet Ordre et comme toujours attirée par le
mystérieux. Cependant, je ne poussai pas plus loin mes investigations, du moins,
pas à ce moment là.
Depuis quelques temps, je prenais des
cours de « criminologie » sans en parler à ceux qui m’entouraient. Un
voisin m’en avait parlé quand il avait su que je ne travaillais plus. Je
l’avais d’abord accompagné à une séance en visiteur, puis je m’intéressai
sérieusement au sujet. Je tenais à entrer dans un service particulier et
j’étais prête à travailler dur pour y arriver (Je vais laisser pour l’instant
dans l’obscurité cette part de ma vie).
En me promenant avec Marc vers la
place de Bellecroix, je sursautai au son d’un klaxon. J’avais pourtant bien
regardé, il n’y avait aucune voiture à l’horizon ! Elle était face à moi ! Je reconnus le
conducteur : Yves von….le visiteur du mois dernier. Que me
voulait-il ? Avais-je le temps de prendre un café avec lui ? Oui à
condition que cela soit au bar de la place car je ne monterai pas en voiture
avec lui. Il rit et se gara sur le parking.
- Etes-vous toujours aussi
méfiante ? Permettez que je me présente : Otto Von W… communément
appelé par mon second prénom, Yves.
C’était plus facile. Je déclinai
également mon d’identité. Vivais-je près de chez mes parents ? Non, chez
eux depuis ma demande en divorce. Si jeune et déjà en instance de
divorce ! Eh, oui, il n’y a pas d’âge pour cela ! Et lui ?
Marié, deux enfants, une fille et un garçon. Que faisait-il là un
dimanche ? Il rentrait chez lui après une réunion. Devant ma mine
sceptique il m’affirma :
- Je comprends votre scepticisme,
beaucoup sont comme vous. Je ne suis pas un fanatique, simplement un
rosicrucien.
- Et c’est quoi un rosicrucien par
définition ?
- Quelqu’un qui a appris, ou apprend
à conduire son existence selon une philosophie particulière basée sur la compréhension,
la confiance et l’efficacité….
Il parla près d’une heure de ses
convictions. Même si je ne croyais pas à ce qu’il racontait, cet homme
m’impressionnait. Quel âge avait-il ?
La quarantaine très certainement, une haute stature, environ un mètre
quatre vingt cinq, des cheveux châtains et un étonnant regard vert. Il me posa
des questions sur ma vie mais je n’étais pas prête à faire des confidences. Je
ne savais même pas ce que je faisais là à écouter et à parler à un parfait
inconnu !
Marc commençait à avoir faim alors je
pris congé. Il demanda à me revoir, je n’y tenais pas. Il était marié et
l’épisode Paul Leny me suffisait. Je n’avais pas envie de voir à nouveau
apparaître une femme hystérique à la recherche de son époux ! Yves éclata
de rire ! Avais-je eu ce genre de mésaventure ? Je ne répondis pas.
Il me quitta en disant que nous aurions certainement l’occasion de nous revoir.

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