Chapitre 19 suite : Madame Bazille 1966

La visite de madame Bazille

 

          Antoinette et Claude venaient souvent me rendre visite. Ils étaient présents quand la propriétaire arriva en m’annonçant qu’elle n’avait pas reçu le paiement du loyer en cours. Pourtant Jean-Claude m’avait affirmé y être allé dans la semaine ! Peut-être avait-il laissé l’argent dans la caisse du ménage. J’ouvris la boite et restai sans voix. Elle était vide ! Pourquoi avait-il tout emmené ? Je ne devais pas paniquer devant madame Bazille. Jean-Claude passerait certainement dans la soirée avant de rentrer à la maison. Je l’espérais !

 

          Comme Jean-Claude n’était toujours pas rentré à vingt heures, Antoinette proposa de rester avec moi jusqu’à son retour. Nous étions en train de préparer le dîner quand il arriva. Il n’était pas ivre au point de tomber mais suffisamment éméché pour bredouiller de vagues excuses et répéter plusieurs fois les mêmes mots. Il était passé chez sa mère par ce qu’elle avait besoin de lui pour…Je n’écoutai pas le reste de la phrase. Cela recommençait ! Assise sur le lit de la chambre je m’effondrai. J’avais de fortes douleurs au niveau de l’estomac. Tandis qu’Antoinette disait à mon mari que manger épongerait un peu ce qu’il avait bu, Claude vint me rejoindre dans la chambre.

 

          - Calme-toi Violette, je sais que ce n’est pas la première fois mais si tu te rends malade ce sera mauvais autant pour toi que pour le bébé…Je lui parlerai demain, ce soir c’est inutile…

 

          Il m’embrassa sur la joue et m’aida à me relever. Jean-Claude surprit son geste et s’enflamma !

 

          - Qu’est-ce qui ce passe ici ? Ma femme serait-elle à ton goût ?

 

          Je haussai les épaules, à quoi bon répondre à une telle ineptie ! Claude prit mon mari par le bras et ils sortirent de l’appartement. Antoinette me dit qu’un peu d’air frais ne pouvait pas faire de mal à Jean-Claude. Il avait bu beaucoup plus que nous ne le pensions ! Ensuite, Le repas fut relativement calme. Après le départ de nos amis, mon mari s’excusa une nouvelle fois de son mouvement d’humeur. Je n’avais pas envie d’en parler. J’allai me coucher.

 

          Le lendemain je lui parlai de la visite de madame Bazille. Quoi ! Qu’est-ce qu’elle voulait ? Il lui avait payé le loyer ! Quand ? La veille avant de rentrer. Je ne devais pas me préoccuper de l’argent, tout allait bien. Et les courses ?  Je ne devais rien porter de lourd alors il les ferait lui-même. Son attitude m’inquiétait, je décidai néanmoins de croire à sa bonne foi.

 



Article ajouté le 2007-11-10 , consulté 161 fois

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