Chapitre 19 la dégringolade
Chapitre 19
1966
Dégringolade
Janvier 1966
Nous passâmes la soirée de la
Saint-Sylvestre à la maison avec Claude, Antoinette, Jean-Paul et Sylvie. Nous
dansâmes jusqu’à six heures du matin. J’étais contente, pas trop de boissons,
pas de sarcasmes, une belle soirée entre amis pour cette nouvelle année qui
commençait. Jean-Claude était aux petits soins pour moi. Cela faisait du bien
d’être chez nous et d’avoir pu organisé une fête très sympa.
Le lendemain nous passâmes chez nos
parents respectifs pour les vœux de bonne année. Chez les Lauer ce fut à
nouveau des discussions sans fins. Je venais de dire qu’avec maman j’allais
choisir un landau dans la semaine quand Marie s’écria : Vous n’allez pas acheter un landau
neuf ! J’ai la possibilité d’en avoir un, il est un peu vieux mais encore
potable ! Il datait de la guerre ! Je la remerciai gentiment tout
en gardant mon calme mais précisant que je voulais quelque chose de neuf pour
mon bébé. Puis vint le moment des prénoms ! J’allais avoir un
garçon ! Il ne pouvait pas en être autrement ! Il devait s’appeler
Louis comme son grand-père ! Là je ne me laissai pas faire :
- Pour le prénom c’est à votre fils
et à moi de décider et à personne d’autre. Personne ne choisira pour nous et
croyez moi sur parole ! Je communiquerai le prénom immédiatement à la
sage-femme au moment de la naissance ! Ne vous avisez surtout pas d’y
mettre votre grain de sel !
Elle piqua une crise sévère en pleurant et hurlant en même temps et
s’adressant à son fils :
- Mon kiki ! Tu vois comment ta
femme parle à ta maman ? Ce n’est pas une Lauer et ce ne sera jamais une
Lauer !
Je n’en avais que faire de ce nom,
d’autant moins que ce n’était peut-être même pas génétiquement celui de mon
mari ! Comme il ne faisait aucun geste pour me défendre, j’enfilai mon
manteau et je sortis. Me voyant décidée
à partir à pieds, il finit par me suivre et nous rentrâmes chez nous. Il ne
m’adressa pas un mot durant tout le trajet. La soirée s’annonçait sinistre. Eh
non ! Il fut très gentil Il voulut sentir remuer le bébé. Est-ce que
j’allais bien ? Chez nous…Oui. J’étais cependant très fatiguée de ces
éternels rapports de force.

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