Chapitre 18 suite : La nouvelle septembre 1965
La nouvelle : Septembre 1965
Un mois de vie commune et voilà que
je commençai à me sentir mal. Les nausées du matin étaient très
significatives mais il me fallait une certitude car lors de la visite
prénuptiale, le médecin de famille avait
déclaré que je ne serais pas enceinte tout de suite en raison d’un utérus
rétroversé. Quelle belle blague ! J’étais bel et bien enceinte !
Finalement j’étais très contente et quand je l’annonçai à mon mari, il sauta de
joie ! Il énonça une foule de projets tous plus fous les uns que les
autres ! C’était bon de rêver, de rire, et d’être enfin heureuse d’un
évènement de ma vie !
Au début, Jean-Claude rentra tous les
soirs directement après son travail. Il ne passa plus chez ses parents si bien
qu’il était sobre.
Novembre 1965
Anniversaire de mon mari : 22
ans. Nous l’avons fêté avec ses parents, les miens, Claude et Antoinette et
deux autres amis de Jean-Claude, Jean-Paul et Sylvie Weber. Cadeau de mes
parents : une Citroën 2CV, une Dodoche d’occasion en disant que ce serait
plus pratique pour nous. Je passe sous silence la réaction de Marie et Louis
car cette fois, ils furent mécontents tous les deux. Une voiture signifiait
forcément accident ! Ce fut Louis qui cette fois prit la parole :
- Vous n’aviez pas besoin d’une
voiture ! Je vois des accidents toute la journée et cela ne me plait pas
du tout d’imaginer mon fils au volant de ce véhicule !
Décidément il n’allait pas mieux dans
sa tête que sa femme ! Elle l’avait vraiment contaminé ! Papa nous
regarda surpris d’une telle réaction négative mais je lui fis un sourire. Nous
acceptions volontiers son cadeau. J’ai crû que Marie allait m’assaillir et me
prendre à la gorge Pour détourner la conversation de ce sujet brûlant, je
parlai du bébé qui devait naître en mai. Un gêne s’installa quand je demandai quel
était le groupe sanguin de mon mari parce que le médecin me l’avait demandé. Un
silence de mort suivit ma question. J’étais A positif donc je désirais
simplement savoir si Jean-Claude était positif ou négatif ! Ma belle-mère
répondit sèchement que son kiki était o positif et qu’il n’y aurait donc pas de
problème. Papa ne pensant pas à mal continua : Tu as mon groupe ma chérie puis s’adressant à Louis : Et Jean-Claude, de qui tient-il son
groupe ? La réponse de Marie tomba comme un couperet ! Cela n’a aucune importance et cela ne veut
rien dire ! Il est seul à être positif et de ce groupe ! Je n’y
connaissais pas grand-chose mais cela me semblait impossible ! Je vis papa
froncer les sourcils mais plus personne n’aborda le sujet.
Je décidai de parler à mon médecin de
cette histoire de Rhésus et groupes différents.. Il me répondit simplement que
la nature était parfois bien étrange mais que pour le groupe de mon enfant, il
serait soit o ou A rhésus positif étant donné nos groupes. (Je sais
qu’aujourd’hui les recherches à ce sujet sont beaucoup plus complexes et
tiennent compte de bien d’autres facteurs).
Le
plus étrange était les yeux noirs de mon époux. Dans la famille Taboni ils
avaient les yeux bleus ou vert très clair comme ceux de ma belle-mère. Ceux de
mon beau-père étaient bleu ciel. Encore une bizarrerie de la nature ? Je
n’avais jamais vu le livret de famille concernant Jean-Claude car Marie n’avait
pas voulu nous le remettre ni que son fils consulte le même médecin que moi
pour la visite avant le mariage. J’appris, bien plus tard, Que Jean-Claude
n’était inscrit sur le livret de famille Lauer qu’à partir de l’âge de deux
ans ! Donc ma seule certitude serait que mon fils ou ma fille serait de
Jean-Claude Lauer et de moi mais rien de plus.
Cette
journée me fit penser à celle passée un jour à Launac où nous avions rencontré
une personne que je nommerai, la comtesse de La Carrière. Son château était une
merveille. La galerie de portraits attira mon attention. Un des ancêtres
ressemblait à mon époux. C’était d’ailleurs un tableau étrange. Lorsque l’on
s’éloignait, on avait l’impression que le regard de l’ancêtre nous suivait. La
comtesse était très gentille et disait être détestée par la famille Lauer
Taboni réunie. Pourquoi ? Marcelle avait travaillé comme femme de chambre
au château avant le décès du Comte et c’est à elle qu’il fallait le demander.
Marie furieuse ne voulut pas répondre
à mes questions et m’interdit de retourner au château ! Marcelle me fit la
même recommandation et refusa d’en parler ! J’y allai quand même avant de
quitter la région, sans rien dire à personne. Elle m’offrit un superbe collier
avec des coquillages d’or en cadeau de mariage. Je l’avais porté longtemps jusqu’à
ce qu’il disparaisse un jour de chez moi. Je l’avais cherché dans tout
l’appartement, je ne l’avais jamais retrouvé. J’avais des soupçons…. Pas de
preuve !

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