Chapitre 18 suite : Le retour
Le retour
Nous avions retrouvé notre deux-pièces confortable et romantique à souhait. Maman avait réceptionné la vaisselle et divers autres bibelots et avait tout installé dans l'appartement. Elle avait parfait la décoration. Le petit vestibule avait un air de vacances avec ses tableaux représentant les Seychelles et ses plantes vertes posées sur une sellette. Des napperons en dentelle, que j'avais crochetés, faisant partie de mon trousseau, agrémentaient les meubles de la salle à manger qui tranchaient agréablement avec le salon bicolore. Bibelots et cadeaux se dressaient fièrement dans un argentier et sur une cheminée en marbre blanc cachant un poêle à mazout. Deux étagères, l'une, aménagée dans le recoin de la porte condamnée contenait la télévision et l'autre, à la place laissée par le vieil évier en grès supprimé, abritait une collection de livres. La chambre, au mur parsemé de roses anglaises, papier peint spécialement commandé en Grande-Bretagne ainsi que les tentures et le dessus de lit assortis, était ma pièce préférée. La cuisine très fonctionnelle était éclairée par une baie vitrée, donnant dans la salle à manger, entièrement construite par Jean-Claude. Il avait fait un travail superbe pour tout ce qui concernait le gros œuvre comme cette baie vitrée et la cloison séparant l'entrée de la chambre.
Marie et Louis visitèrent l'appartement deux jours plus tard. Comme ils restaient dans l'entrée sans dire un mot, papa venu nous ramener du courrier arrivé chez lui, leur dit :
- Ne trouvez vous pas que nos enfants ont fait du beau travail ?
Louis fit oui de la tête, cela lui plaisait. Comme d'habitude, Marie fit la moue en disant :
- Il a fallu qu'elle ait tout d'un coup ! Il m'a fallu trente ans pour arriver à cela !
Papa haussa les épaules, cette femme était impossible ! Louis partit dans le salon avec son fils et moi je ne pus m'empêcher de dire :
- Vous n'êtes jamais contente ! Vous vous demandiez comment nous allions meubler cet appartement et bien c'est fait…
Elle eut le dernier mot et je le lui laissai volontiers car j'en avais vraiment marre de discuter.
- Mon pauvre kiki va devoir payer çà toute sa vie ! Vous n'aviez pas les moyens ! Votre père est aussi irresponsable que vous !
J'étais très fière de cet appartement et les dires de la belle-mère m'étaient indifférents.

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