Chapitre 17 suite : Muguet du premier mai 1964
Vendredi premier mai 1964
Nouvelle journée à Garche. Papa m'avait emmenée chez Edith. Il me fit moult recommandations concernant les copains. Il trouvait que j'étais vraiment pressée de me rendre chez mon amie sans qu'il n'y ait une raison valable selon mes dires. Thilio et Aldo étaient déjà là. Nous avions décidé d'aller chercher Guy chez lui. C'était assez loin mais le courage ne nous manquait pas. Un homme sur tracteur avec une remorque s'arrêta près de nous.
- Oh là les jeunes, vous allez loin comme çà ? Montez dans la remorque, je vous transporte au village !
Au retour avec Guy, nous sommes passés par un raccourci dans la forêt pour cueillir du muguet. Edith s'était éclipsée avec Guy. Ce qui fit rire Thilio :
- Ils avaient envie d'être seuls les deux là !
Du coup je me retrouvais avec Aldo, Thilio et un autre copain René. J'étais en train d'arranger mes brins de muguet quand Aldo s'approcha :
- Tiens, en voilà d'autres…Des fleurs pour une fleur qui a l'air bien triste…
C'était vrai que j'avais eu un moment de mélancolie. Je pensais au muguet que m'avait offert Jean-Claude l'année passée et surtout que je n'avais toujours pas de nouvelle de lui. Je repoussai toutes pensées le concernant. A quoi bon me morfondre, cela ne changerait rien.
- Je ne suis pas triste, juste pensive…
- Ton fiancé est un imbécile !
Pourquoi me disait-il cela ? Parce qu'il ne m'écrivait pas. Comment Aldo avait-il deviné ? Mon manque d'entrain, mon regard dans le vide. Thilio et René discutaient au bord du chemin alors Aldo me tira par le bras. Je lui fis non de la tête mais il insista.
- Viens…J'ai besoin de comprendre certaines choses…Te suis-je indifférent ? Je ne le crois pas.
- Difficile de te répondre si tu fais les questions et les réponses !
- Alors répond franchement à celle-ci : aimes-tu Jean-Claude ?
- Bien sûr que oui ! Aurais-je décidé de me marier avec lui dans le cas contraire ?
Comme la première fois, il me serra contre lui et me donna un baiser passionné. Je le repoussai ensuite mais sans grande conviction. Je ne pouvais pas le laisser se faire des illusions. Je ne changerai pas d'avis sur mon mariage.
- Bon sang Violette ! Tu es belle, intelligente, pleine d'esprit, volontaire et très attirante, tu as la vie devant toi alors pourquoi t'enfermer dans une union que tu ne désires pas ou avec une telle incertitude ?
- Je n'ai pas le choix…Tu ne sais rien de ce qui s'est passé…
- Tu m'as dit ne pas être enceinte alors qu'est-ce qui pourrait t'obliger à…
- Aldo, je ne tiens pas à en parler…
J'avais du mal à contenir mes larmes. Je me revoyais à Launac et je me sentais mal. Aldo, surpris par ma réaction, s'excusa aussitôt de m'avoir posé toutes ces questions. Je ne pouvais lui donner d'explication, c'était trop intime et en plus la honte me submergeait à la pensée de ce triste épisode. Je marchais vers le chemin, Aldo me tenait par les épaules. Thilio nous surprit et railla :
- Voilà pourquoi vous aviez disparus ! Alice tu m'as repoussé en parlant de ton fiancé mais tu es tombé dans les bras de ce cher Aldo ! Tu aurais pu me dire tout de suite que c'est lui qui t'intéressait !
Aldo lui fit remarquer qu'il était lourd et ferait mieux de se taire. Guy et Edith qui nous rejoignaient comprirent tout de suite la situation. Epique fin de journée ! Pour détendre l'atmosphère, Guy mit de la musique pendant qu'Edith préparait des boissons. J'étais assise dans un fauteuil et Aldo me tendit un verre. Je ne saurais dire ce qu'il contenait. Je n'arrivais pas à me défaire de la tristesse qui m'envahissait. Aldo n'abdiquait pas.
- Violette, j'ignore les véritables raisons de ta détermination mais je commence à les comprendre…Les principes inculqués par ton père, dont tu me parlais, ont certainement une répercussion sur ta décision. Je t'en prie, prend le temps de réfléchir parce que…je t'aime, voilà, je te l'ai dit.
- Tu ne m'as vue que deux fois !
- Une suffisait… j'ai compris tout de suite que tu étais fragile sous ton air volontaire…Je t'en prie, sonde ton cœur, laisse de côté tous tes principes…Donne libre cours à tes émotions…
Une fois de plus il posa un baiser enflammé sur mes lèvres. Je n'avais ni la force ni l'envie de le repousser. Nous avions complètement oublié les copains ! Plus tard, Edith vint me parler.
- Aldo est un gars super chouette et il est fou de toi, il me l'a dit la dernière fois…Je n'aime pas Jean-Claude, il est trop influençable par sa mère, Esther m'a rapporté les paroles désobligeantes de ta belle-mère lors des fiançailles…Ils vont te faire souffrir…
- Tu as peut-être raison mais je ne peux pas changer d'avis…
- Bon, de toutes façon il ne revient que dans un mois ou deux alors tu as le temps de te faire une idée plus précise…Viens à la fête du village le 6 juin…
Papa allait arriver alors Aldo nous sépara en disant à Edith qu'il allait s'en aller également. Il se tourna vers moi en disant qu'il n'abandonnerait pas. Nouveau baiser et il dit : Au 6 juin…mon cœur…

Commentaires
marinachili site : http://ecritoire.blog4ever.com/blog/index-134304.html | le 30/10/2007 à 12:18:07La suite pour ce jour....Dès que j'aurais terminé l'article...
merci de votre passage
Amitiés
alain site : au-secours-mrs-dalloway.com | le 30/10/2007 à 11:49:08
la suite?